Mercredi 12 octobre 2011
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7 h 15… Café, confiture et en fond sonore le ronronnement inepte d’une station périphérique. Les bonimenteurs hertziens
disposent de peu de mots dans l’usage d’une dialectique accablante : une centaine peut-être, avec parmi les plus connus : crise (le plus côté sur l’échelle du suicide), récession n’est
pas mal non plus, marasme, troubles et inquiétudes, j’en passe et des plus mornes.
Alors, pourquoi écouter ? Par paresse, par habitude ? Peut-être tout simplement par masochisme
doucereux. Il paraît que la crise, pardon la Crise avec une majuscule fait vendre… Mais quelle Crise ? Il n’existe pas une crise mais des centaines, des milliers, l’existence est une
succession de crises et d’accalmies, c’est ce qui la rend intéressante justement.
Dans mon immense naïveté, (ne vous cassez pas, je ne prends pas cette caractéristique pour une tare, je trouve
plutôt que c’est devenu l’expression d’une bonne santé mentale), je suis toujours étonné du contraste entre la réalité, notre véritable existence et le décor que l’on nous conte (bien mal) et
que l’on nous montre (affligeant). Je suis bien obligé d’écrire que l’économie, le mondialisme, les enjeux du pouvoir, les exploits amoureux des sportifs et des élus
indiffèrent la majorité d’entre nous. Au mieux ces funestes informations nous minent, nous détraquent le ciboulot, à force de regarder la poussière et les accrocs des rideaux du théâtre, nous
oublions de regarder la pièce, pire, nous ne voulons même plus monter sur scène pour y jouer notre partition.
En instaurant le principe de précaution partout et pour absolument tout, la société occidentale s’est installée
dans un dogmatisme lénifiant. Toutes les générations font du surplace… Les vieux (ah oui ! c’est vrai on doit dire les aînés ! j’avais oublié le politiquement correct) surveillent leurs
taux de cholestérol et vont fumer dans les toilettes au bureau (ça donne un vrai coup de jeune faut dire !), les trentenaires angoissent à mort pour plaire à leur boss (qui n’en a rien à
fiche !) et rêvent de lui ressembler (en s’endettant pour le dernier modèle de la Maudy A6 ou la Percedes Classe Con !), nos gamins font Bac plus douze pour essayer de décrocher un CDD
de 3 jours dans un Discount Alimentaire… Et oui, vivre est un risque et d’ailleurs on finit toujours par en mourir, alors ? Marrez-vous un bon coup et vivez que diable !
Bon ! 7 h 30, je coupe cette satanée radio. Je vais me faire des œufs
au plat avec plein de beurre et de sel, et après 3 cafés, j’irai au bureau en me baladant tout en fumant ma pipe.
Bonne journée.