Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /Juin /2010 18:11

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Platanes.

           

            Il y a sur la place huit platanes qui sont l’escorte. Aussi attentivement que veille le gardien du phare du bout du monde, ils s’alignent diversement selon l’issue de la lutte journalière, ombre ou lumière. Il y a dans l’avenue des murs veloutés qui sont des prismes impénétrables et qui varient toutes les saisons. Il y a dans ma poche entrouverte une clef anodine qui attend, puis un espoir… Des clichés d’avant la ronde coutumière des semaines, ce sont des pense-bêtes, ce sont des passe-jours.

            Il y a sur la place un effluve orangeat… Tu me précèdes souvent sur l’avenue feutrée.

 

14 juin 2010.

 

 

 


  ©pascaldufrénoy - Carnet Canailles

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Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 15:49

03 bomb darfur sla 2007 large (matin de ...)

 


Des fragrances poivrées tournoient en lisière de la cité

Ondulant vers un territoire où ne subsiste aucun soupçon

Des tribus mercenaires séjournent dans le jardin du gouverneur

De vieux bidons d’essence rouillent sous une véranda


Bonjour étrange aurore

Les proscrits déambulent sur la piste vers la capitale

Aucune logique, aucune clémence, pas d’entracte, pas de rémission.


L’espace est fébrile ce matin

Mais nul fugitif ne se posera la question

Je suis accroupi là sur le seuil de la maison

Tenant la main du vieil homme


Il murmure les versets de son enfance voilée

Le démineur hoche la tête et enfile sa chemise

Attendant le signal quand le fracas sera la seule issue

Et le pogrom, l'hideuse débauche d'un improbable épilogue

Dans une ville en tôle et en rouille au seuil d'un monde impensable


Avoir pour un temps la conviction d’une vérité suprême

Avoir encore vingt ans ou trente ans et des mots pleins la bouche

Marcher dans une plaine de terres fécondes


Et se fondre dans l’humanité radieuse


L’espace est fébrile ce matin

Les fugitifs ont cessé leur voyage

Je suis accroupi là sur le seuil de la maison

Caressant la joue du vieil homme


Le patriarche chuchote alors :

« Compagnon, quoi que tu fasses il y a ici une mission à remplir

Quoi que tu fasses un homme quelque part se lève et se met à marcher

Plus fort que l’accomplissement, il y a l’espoir d’arriver au bout.


Tiens-moi la main, Compagnon, parce que je m’en vais

Je continue ma route vers d’autres perspectives


Là où un homme se lève, un peu d’espoir se soulève

Comme la poussière rouge de la piste

Là où un homme tombe, le chemin s’est prolongé

Pas à pas, kilomètre après kilomètre

Déjà au loin, la poussière d’espoir se remet à voler

Tiens-moi la main, Frère et tu verras cela.


La lumière décline vers l’ouest assoupi

Aucun proscrit ne traverse sans laisser son empreinte

Je suis accroupi là sur le seuil de la maison

Veillant sur le vieil homme…


  ©pascaldufrénoy - Carnet Canailles

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Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 12:08

A Daniel...

Lire, écrire et partager

« La littérature, je l'ai, lentement, voulu montrer, c'est l'enfance enfin retrouvée. »
           Georges Bataille
« Le récit n'est plus l'écriture d'une aventure, mais l'aventure d'une écriture. »
           Jean Ricardou
« L'amitié n'exige rien  en échange, que de l'entretien. »
           Georges Brassens

        
         Fin août 2006, une tempête me tombe sur la tête... Du jour au lendemain me voilà exilé dans le cagibi des excommuniés de la croissance... Je vais avoir 47 ans... Sans raisons valables, enfin recevables humainement. Plus à la mode, plus dans le coup... la génération précédente constituée plus d’amis que de collègues a été expédiée dans les limbes de multiples plans sociaux aux avantages financiers mirobolants mais aux répercussions sociales exorbitantes. Les sociétés modernes convertissent les désirs d’accomplissements personnels en chèques de préretraite, euphémisme douteux pour le terme de licenciement.

Quelques confrères sont partis à 51 ans... Sans projets véritables, sans canevas de vie... Une catastrophe humaine... Alcoolisme, désœuvrement et une terrible sensation de vide. Félix Leclerc chantait il y a bien longtemps : “la meilleure façon de tuer un homme, c’est de le payer à ne rien faire” et rien n’est plus exact.
         Je pars au journal à pied, plus personne ni rien ne m’attend,  tout en longeant le canal. J’ai toujours aimé l’eau...
         Entracte...
         Alors que je pourrai mettre à profit le temps qui m’est imparti afin de céder à mon péché mignon : celui de noircir du papier - maintenant on encombre plutôt les écrans - Je suis désespérément sec... La nature humaine est contradictoire, vous n’avez envie de bâtir que lorsque vous êtes des plus surchargé.

Les jours, les semaines et les mois passent... Plus moyen d’écrire, heureusement il me reste ce goût de la lecture, cette infatigable soif de découvertes, mais la lecture est un acte isolé et le monde chaque jour devient de plus en plus impitoyable. Je parcours les nouvelles (c’est encore un peu mon travail) et je m’enlise comme des millions de mes contemporains dans une morosité entretenue, un dégoût de faire, une espèce d’anéantissement cathodique, je suis un cathodique pratiquant (merci Julos Beaucarne)

Je deviens ennuyeux et je ne me prive pas d’ennuyer. Mes proches ont du courage même si après coup, je me rends compte que la délectation morose est contagieuse, personne n’en parle, d’ailleurs plus personne ne parle. La mélancolie est une forme de cancer très soft, mais inexorablement, elle vous bouffe entièrement et votre entourage suit… Méfiez-vous des atrabilaires, ils ne sont que les prédateurs du bonheur...
         Second entracte...
         Mars 2010... Trois ans et demie... C’est long... C’est une léthargie sporadique. Avec des moments d’exaltation intense et des jours de profonde asthénie. Cet état d’esprit nécessite un entretien permanent mais vous ne vous en rendez même pas compte, c’est devenu votre image de marque. J’ai eu cinquante ans en novembre et je me suis isolé davantage pendant une semaine... C’était une erreur...

 Le monde autour de moi se donne des airs de fébrilité, l’agitation vaine rassure l’humanité occidentale. De loin en loin, j’ai des nouvelles sur la Toile, certains bossent beaucoup, d’autres et non des moindres, se battent contre le sort et la fatalité qui les clouent sur un lit d’hôpital pendant de longues semaines... je devrais avoir honte de « pleuroter » sur mes petits états d’âmes... J’ai honte.
         Mais tout au fond de moi, leurs souffrances et leur volonté provoquent en moi un éveil. Oh! Ce n’est pas une fulgurance, c’est plus profond, cela s’établit doucement, cela fait son chemin. Finalement, sans qu’ils le sachent réellement, cette opiniâtreté à se battre et à continuer d’écrire malgré les souffrances, la rééducation, les coups du sort, cette ténacité me pousse à me remettre en question. Ce n’est pas un quelconque mélo donné sur le câble un samedi après-midi, la vie n’est pas un sitcom, c’est bien plus simple que cela.
         Alors comme un athlète fauché en plein effort, je refais doucement mes gammes, l’écriture est une école d’humilité comme le rugby, la course de fond ou la rééducation. Alors qu’à l’autre bout de la France un homme se bat contre le sort et contre  lui-même pour garder l’autonomie tout en continuant à écrire et à partager, je me lève moi aussi, dans ma tête, je me remets au labeur, simplement. J’ai laissé tomber mon stylo dans la boue, je le reprends. Celui-là, là-bas, en bas, me montre le chemin, c’est un pisteur qui m’ouvre la voie...
         Je sais que tout cela est derrière moi, l’existence me réserve certainement d’autres défis et souvent vouloir survivre c’est tout simplement vivre.

L’écriture relève du compagnonnage. J’espère le plus sincèrement possible que l’homme que je viens d’évoquer se rebâtira et qu’il continuera de faire ce qu’il fait si bien : écrire et partager.

Sans s’en douter, il m’a appris une chose : échanger! Ne pas hésiter à se remettre en question.

Juin 2010, j’écris...

 

« Mon corps est un jardin, ma volonté est son jardinier. »

           William Shakespeare

 

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Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 16:03

 

 

Comme un retour après une longue absence, un retour vers la civilisation... Le temps d'une respiration, le temps d'une pause qui souhaitons-le sera profitable...

Un printemps qui se dessine et les couleurs reviennent malgré tout... Une fois de plus... Sur les marais de Tardinghen et ailleurs...

 

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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 10:52

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Depuis 20 ans, au cœur de l’hiver, Nîmes retrouve la chaleur du sud ibérique dans le cadre d’un des plus grands Festival de Flamenco. Nous rejoignant du monde entier celles et ceux, qui incarnent cette philosophie de la vie, ont conféré à Nîmes une place toute particulière dans l’univers du Cante hondo. À Nîmes, les Illustres de Grenade, de Jerez ou de Séville chantent et dansent en toute complicité avec les jeunes talents nés, ici, à cette culture intense. À Nîmes où, depuis 20 siècles, l’un des plus sublimes lieux de l’Antiquité est voué «Aux Princes de la Jeunesse », le Flamenco embrase un foyer d’aficion et de créativité à la mesure de cet Art passionnel. Je vous souhaite de vivre de grands moments d’émotion, de joie et de partage. Excellent Festival à tous !

 

Jean-Paul FOURNIER

Sénateur du Gard

Maire de Nîmes

Président de Nîmes Métropole

 

 

On pourrait se contenter de faire la fête. Et tout envoyer balader ! Parce qu'à vingt ans, comme disait le poète, on n'est pas sérieux. Mais ce ne serait pas nous, ça ne collerait pas avec notre vision, avec ce que nous avons toujours défendu. En un mot : un avenir. Le Festival de Flamenco de Nîmes n'aurait aucun sens s'il n'était pas tourné vers le futur. Celui que promet un art vivant, resplendissant de beauté et d'inventivité, dégagé des représentations folkloriques qui l'emprisonnaient, des lourds faux-semblants engendrés par la dérive commerciale. Notre flamenco a le visage de la vie et de la famille, avec ses héritages et ses traditions. Voyez les grands artistes et les jeunes talents qui ont répondu à nos invitations depuis vingt ans. Quel plaisir de les voir revenir si nombreux pour cette édition, c'est incontestablement une fête. Alors, suerte !

 

François Noël

Directeur du Théâtre de Nîmes

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