Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 17:53


Au pied du géant Atakor où campent
Des hommes aux yeux affûtés
Il y a d
es pulsations
Et des histoires cachées,
Des troupeaux en partance,
Le chant de la piste et du désert.
Les larmes se font rares
Qui abreuvent le sable
Massif de l’Ahaggar…


Il y a le cri des femmes
Qui plane sur les soirs d’incendie
Et puis l’odeur du thé
Comme des éclats de vie,
Des colonnes de quartz,
Des murailles de légendes
Les larmes se font rares
Qui abreuvent le sable
Massif de l’Ahaggar…


Il y a des noms de peuples
Qui ne sont pas les bons
Ici, où l’homme blanc trace
Mensongères définitions…
Aw-Targa… Nous sommes les fils de Targa…
Que l’autre monde ignore…
Les larmes se font rares
Qui abreuvent le sable
Massif de l’Ahaggar…


Dans cette vallée, je rêvais…
Lorsque je gardais les troupeaux.
J’avais la tête légère…Près du Prophète.
Je rêvais à de l’eau
Mes frères sont des seigneurs
Imuhagh… Noble et libre…
Le vrai nom de mon peuple
Que les autres négligent
Massif de l’Ahaggar…


Les gens de Tamajaq ,
Se couvrent le visage
De lin frais millénaire
Et ne s’abaissent pas à le dévoiler…
Des temps anciens
On peut toujours songer…
Afellan, guerrier libre et poète.
Cavalier de légende…
Je porte un chèche blanc par signe de respect.
Les larmes restent rares
Qui sont bues par le sable
Massif de l’Ahaggar…
Par Nomade polygraphe - Publié dans : Ici et là...
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 19:12


J’ai vu brûler des livres
Je me suis résolu à mourir
J’ai senti les fumées dans la rue

Et j’ai eu peur, oui j’ai eu peur…

J’ai écrit sur un mur une chanson
C’est un testament anonyme
Et je me prépare à fuir

Je cours devant les mâchoires
Je cours devant l’histoire…

Une histoire que je ne connais pas…

Je suis sur une terre amie
Je parle à des gens inconnus
J’attends des nouvelles de là-bas
De la femme que j’ai aimé
C’était un printemps impossible !
Nos traces d’encre étaient des drapeaux
Et je me prépare à fuir

Je cours devant les mâchoires
Je cours devant l’histoire…

Une histoire que je ne connais pas…

Je suis revenu aujourd’hui
Avec un espoir de papier
J’ai dans mes bagages un baiser
Qui m’aidera bien à tenir

Et j’ai peur, oui j’ai peur…
Que demain n’arrive jamais

Si tu as quitté le pays
Je sais que demain tu vivras
Je t’ai aimée plus que la vie
Et je veux garder en moi
.L’idée que là-bas tu écris

Pour que nos jours soient révélés
Afin qu’on ne brûle aucun livre
Même si dans mon cœur, il fait froid

Et je n’ai plus peur
Je n’ai plus peur

L’Histoire finira sans moi…
Par Nomade polygraphe - Publié dans : Bleu Nuit.... - Communauté : mémoire et écritures
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 17:52




Tendu comme un arc. Pas la chaude colère qui flambe sans détruire le moindre ennemi, non. La communion est solennelle. Un grondement
qui vient de si puissants ancêtres qu’il foudroie les adversaires et glace les cœurs. Je sens qu’ils sont là, l’univers me montre la porte. Les guerriers autour de moi balancent leurs bras puissants, lancent des éclairs et des incantations magiques. Le soleil de feu d’un ciel de sang m’accompagne fraternellement sur le terrain de chasse. Je croyais pourtant connaître ce moment par instinct. Le vent ne sert qu’à faire décoller nos chants de folie. Je vais ouvrir les yeux en grand, fixer l’adversaire, rien que moi et lui, avant que la grande cataracte du monde commence à dévaler.
Du courage, des torses cambrés, du respect. L’ombre de ma tenue qui s’étend sur l’émeraude du champ. Un seul combat où je suis quinze. Un ballet. Une brume, au lointain, qui bouche l’horizon en masquant les angoisses. Un instant éternel et farouche.
- « Maui, plonge ton hameçon ! »
- « Ruapehu le tonnant, si tu me donnes la victoire, je
t’offrirai mon sang, couvert de la coiffe des anciens ! »
Un mouvement dans la foule. Quelle importance… La lumière décline. Peut-être est-ce le panache blanc du vieux Tongariro ? Vraisemblablement, non… Victoire ou déshonneur, le destin choisit un chemin et me questionne. Je ne redoute rien, que la colère des dieux. Je redresse la tête qui tambourine plus fort que cent mille tambours de force.
Ka mate Ka mate !
C’est la mort !
C’est la mort
Ka ora Ka ora !
C’est la vie !
C’est la vie !
Ka mate Ka mate !
C’est la mort !
C’est la mort
Ka ora Ka ora !
C’est la vie !
C’est la vie !
Ka ora… hurlé par quinze gueules. Ca ne peut que tuer l’orgueil de l’ennemi mais le respect est là… J’ai toujours aimé la voix de mes frères, même quand le chagrin me coupe les jambes. La danse me fait léger, je repars en arrière, aux temps des ancêtres valeureux où l’homme était craint des fauves.
C’était à l’aube du monde. Ils étaient des millions, tous unis, comme un unique guerrier. Ils attendaient quelque chose ou quelqu’un. J’étais un cri dans la montagne. Je bondissais ! Je n’avais nulle peur, nul désir. Ka mate ! Ka Ora ! C’était merveilleux, un diamant dans l’espace, nous étions vivants… En attendant les grandes nuits de victoire, nous bondissions. Des combats qui marquaient les saisons, mais nous étions éternels. Honte aux lâches et aux poltrons ! Qu’il soit mille fois perdu ! Honte à celui qui se rend ! Il quittait la tribu, le monde des humains. J’étais un homme sage et les femmes m’écoutaient raconter le chant des vents du large. Terre sacrée, lacs d’émeraude et que vive le clan Whanganui .
Tenei te tangata puhuruhuru !
Voici l’homme au-dessus de moi !
Nana i tiki mai whakawhiti te ra !
Qui me donne la force de vivre !
Des combats qui marquaient les saisons. Et, jour après jour, sans que je m’en aperçoive, j’ai commencé à danser…
La foule, là-bas, se concerte sans un mot prononcé. Valeureux Tana Umaga les inspire, les bienheureux.
J’ai renoncé à tout, même à revoir Aotearoa, le pays du long nuage blanc. A la gloire, même elle vous fait comprendre qu’elle n’est qu’illusion éphémère. J’ai renoncé à tout sans un regret aucun. Des pas scandés qui m’ont levé de la terre aride. Comment pourrai-je oublier mes racines puissantes sur la pelouse des duels ? Tenei te tangata puhuruhuru ! Voici l’homme au-dessus de moi !. Pourquoi accepterai-je vos existences entravées aux piloris du confort ? Pourquoi gaverai-je mes enfants de clichés touristiques ? Aujourd’hui, je suis debout et je danse. Ils sont fiers de moi. Ils ont le courage des aïeuls et la sagesse du monde. Pourquoi courberai-je l’échine dans ce monde mercantile, gavé de poudre d’os ? Ka ora ! C’est la vie !
L’esprit du pays m’habite, je suis pierres, lacs, rivières, volcans…
Tongarino, le matin du monde…
Le soleil de feu se plonge dans la mer. Il est temps. Je suis aussi massif que le marteau des dieux. Je tourne vers les quatre vents dans quelques instants, que je meurs ou non, je serai un autre. J’avais droit à cette minute depuis la nuit des temps. Et la voilà qui s’annonce. Le ciel est le toit de ma maison. Tout est possible…
Ka mate ! C’est la mort !
Une cérémonie ? Ca y ressemble… Des claquements de mains, terribles et monstrueux. Encore le sang qui cogne dans les artères furieuses. A quoi bon résister, nous sommes inexorables… Et chaque engagement sera pire que le précédent.
Mes compagnons s’unissent, ne forment qu’un seul corps. Ranginui, dieu suprême laisse couler deux larmes qui forment des rivières. Whanganui et Waikato vont laver nos blessures.
Je le remercie d’un sourire, je ne connais pas la peur, mes quinze corps vont partir à l’assaut…
Le coup de sifflet retentit dans le stade immense, si nos maillots sont noirs, c’est que nous portons le deuil de nos adversaires…
A hupane kaupane
Toujours plus haut, pas à pas
A hupane kaupane whiti te ra !
Toujours plus haut, vers le soleil !

Je suis debout, vivant… Je suis un Maori.
Que le match commence…
Par Nomade polygraphe - Publié dans : Ici et là... - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 14:29

 

                                           

 

Eh toi ! Vieux caillou aux reflets de matin rose

Aux  jardins intérieurs de basalte poli

Aux caves humides et sombres qui bâillonnaient les cris

Des fers chauffés au rouge en  guise de sursis

Tes chaloupes font des rides au front de l’océan

Tes ruelles sont des pièges aux visiteurs surpris

Des clichés de vacances aux  senteurs estivales

Tes chaloupes font des rides au front de l’océan

 

Wolof, mon frère, jeune planteur d’arachides

Qu’est devenue ta femme ?

As –tu pu la pleurer ? Comme un chant du Cap Vert…

Gorée, mon calvaire, la fin de ma vie.

 

Lébou, mon cousin, pêcheur de la presqu’île

Qu’est devenu ton fils ?

As-tu pu le revoir ? Comme un soleil de mai …

Gorée, ma misère, la fin de mes années.

 

Eh toi ! Vieille île bossue aux parfums de souffrance

Tes arcades ont la courbe des femmes immobiles

Des matins d’ambre clair du printemps africain

Du suc capiteux des ombres du Castel

Mon île aux vérandas aux senteurs atlantiques

Aux malheurs étouffés qui remontent aux mémoires

Mon île aux cachots sombres aux soupirs retenus

Mon île de « bois d’ébène », mon île de misère

 

Peul, mon ami, Foulas, Foulani, Foulbé ou Poulos

Qu’est devenue ta mère ?

As-tu pu l’embrasser ? Comme un rêve oublié…

Gorée, mon histoire, l’entaille de mon destin.

 

Toucouleur, fier gardien du fleuve Sénégal

Qu’est devenue ta fille ?

As-tu pu  l’enterrer ? Comme tes prières d’espoir…

Gorée, mon chagrin, le bout de mon chemin.

 

 

Eh toi ! Vieille pierre d’océan aux espoirs renaissants

Aux écoles tranquilles dans la douceur du vent

Au musée de la mer en vitrines de rêves

Aux mouillages paisibles en prélude à l’enfer

A l’abri des murailles de l’océan sévère

A la saveur flétrie d’une époque maudite

Ma pierre au poids terrible aux lourdeurs de chaînes

Aux mouillages paisibles en prélude à l’enfer.

 

Et j’écris là moi j’écris sans rien penser

Dessinant la misère sur mon papier couché

Et j’oublie mon histoire et j’oublie mon passé

Dessinant le malheur sur un papier glacé.

 

Sèrère, cultives-tu toujours la terre de tes pères ?

Voyageur Saracolès, fondateur d’empire

Qu’est devenue ta vie ?

As-tu pu oublier ? Comme les chagrins d’enfants…

Gorée, ma référence, l’empreinte de mes pas.

 

Diola, l’indépendant, forestier de l’esprit

Bassari, montagnards, arpenteurs de pistes

Qu’est devenue ton âme ?

As-tu pu pardonner ? Comme les charitables…

Gorée, ma brûlure, le gel de mes veines.

 

Eh toi ! Vieille pierre trempée dans l’eau salée

Aux vagues atlantiques, aux marées d’amertume

Thierno Seydon Sall, le poète errant

Coura Sarr, la lingère de la poésie et des crevettes

Massamba Guèye, le conteur éternel

Tous ces témoins modernes de la nouvelle Afrique

Eh toi vieille île rose aux anneaux de métal

Moi, l’homme blanc, le français,

Si tu le peux, un jour,

Puisses-tu me pardonner…

 

Par Nomade polygraphe - Publié dans : Ici et là... - Communauté : mémoire et écritures
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 17:44




Le pinceau des phares jaunes sur le Malecõn
caresse le bitume de sa lueur coquine.
Baisers de sucre à l’hôtel Sévilla, à l’heure des

cocktails.
Frivolités, bonnes fortunes…
Au coin du Paseo et de la 19ème rue
La Chevy 57 fait chanter la lumière.
Compay Primero, le rhum et la chaleur.
Atmosphère…

Elle marche sous l’averse, les pieds mouillés et nus…
Deux vers sur deux verres…
Mojitos, Daïquiris, effluves du jour mourant.
Je vais dormir sous le patio, à l’ombre des Lauriers-
roses.
Deux vers sur deux verres…
La cité des colonnes s’effrite sous les fards.

Vieille catin décatie aux souvenirs fatigués.
Baisers amers au Nacional à l’heure des adieux…
Regrets… Fumées bleues, odorantes…
Le soleil se lève sur le cimetière Colõn.
La Chevy 57 fait miroiter ses chromes…
Zoé Valdes pleure… La faim et la misère….
Elle marche sur la Rampa, les pieds dans la poussière

Deux verres sur deux vers…
La Havane, je m’en vais…
Par Nomade polygraphe - Publié dans : Bleu Nuit.... - Communauté : mémoire et écritures
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