Sur la route...

Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 18:35




Train des enfants grinçant sous le ciel de neige
Nez rouge et joues glacées.
L’ouest et décembre se sont estompés
Pour cette fois nous resterons ici.

Dans Buda
Les balcons crâneurs

Qui se penchent sur la rue
Contemplent le ballet, mais se tairont… Toujours…
Le vieux dans l’abribus
Regarde passer sa vie.
Tout est en place rien à redire…

Train des enfants grinçant sous le ciel de cendre
Nez rouge et joues glacées.
Le vent et les souvenirs se sont confondus
Pour cette fois nous resterons ici.

C’est dans Pest endormi qu’il me faudra marcher
Bibliothèque Ervin Szabó
Sous les lambris dorés, je cherche tes empreintes
En vain… Mutisme de la multitude…
Le vieux dans l’abribus soupire…
Une buée légère…

C’est à Kerepesi qu’il te faudra aller
Si tu veux lui parler…
Il ne répondra pas, il ne répond jamais…
Il dort depuis longtemps dans ce jardin fantasque
Au bord d’excentriques allées

Dans Buda
Les balcons crâneurs
Qui se penchent sur la rue
Ecoutent encore un temps les accords de Franz, et se tairont… Longtemps…
Le vieux dans l’abribus
Relis tes mots sculptés… Face au mutisme de la multitude
Attila József… Arpenteur du sensible.

Train des enfants grinçant sous le ciel de neige
Nez rouge et joues glacées.
L’ouest et décembre se sont envolés
Pour cette année, nous partirons d’ici…
Par Nomade polygraphe - Publié dans : Sur la route... - Communauté : mémoire et écritures
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 14:01



Route de
Quang Tri, bâtons d’encens, infinie lumière,
Je joue avec une sauterelle, nuages de poussière.
Que reste-t-il de la Rivière des parfums ?
Je cherche entre les rives le peuple des Sa
mpans…

Partir est un devoir, déjà ! Un autre chemin,
Hanoi ou Berlin, ailleurs… Plus loin…

Partir est un espoir, enfin ! Un autre destin,
A Saigon, il pleut sous la bâche de plastique.

Je macule d’encre noire un carnet infini,
Des yeux, tes yeux, ta main sur mon épaule.
L’envie de revenir ou l’espoir de rester…

Voici qu’arrive l’heure de boucler son bagage
Pour découvrir toujours… Encore… D’autres lieux,
D’autres reflets, d’autres réponses,
D’autres questions sans certitudes…

Un nomade, un sceptique,
Comme une ombre su
r la terre…
Par Nomade polygraphe - Publié dans : Sur la route... - Communauté : mémoire et écritures
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 18:49




Quartier de Pera
Un long halo de miel s’insinue
Entre les terrasses fauves qui fument doucement.
L’hôtel est silencieux…
Et les murs de peluches rouge saignent dans le couchant du
Quartier de Pera.
C’est mardi qui s’en va ou un autre moment
Qui fait croire au chagrin…
L’odeur de l’anis.
Le grésillement du narguilé.
Tes souvenirs enfumés et le regard des autres.
Il y a des femmes brunes et de très vieux marchands.
Des musiciens qui dorment et des regards amis usés par le voyage.
Enfin c’est une nuit qui se pose et qui drape l’enfer
Dans ses replis soyeux…


Route 66
(Mother Road)


Le matin succédant à la nuit
Sur la mère de toutes les routes
Te susurre à l’oreille.
Ton menton est râpeux…
Ton regard est serein et arrive en direct
Du comptoir des naïfs…
Devant l’embranchement : South Main Street…
D’autres fantômes lèvent la main.
Je pressens que tu humes le vent qu’il te faut suivre
Tu fais provision de courbatures
Sur les traces du vieux Jack le Céleste
Comme les ombres qui s’allongent tout là-bas
Vers Santa Monica…
Au bout du chemin : En pèlerinage…
Par Nomade polygraphe - Publié dans : Sur la route... - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 18:40
Istambul, Los Angeles… (1)


Galata…
Le mouvement alangui du cyprès séculaire
Parsemé d’oiseaux…
Les longs aboiements des chiens de Galata s’élèvent.
Mélopée farouche et banale dans le treillis serré
Des ruelles de Tophane.
Il règne une douce odeur poivrée, capiteuse
Que la marée emporte parfois sur les hauts fonds
Les eaux de Marmara sont nimbées d’or et d’ombre
Traversées des lumières de quartiers insomniaques :
Elles charrient toujours la passion, les espoirs,
L’ombre des minarets et les envies de fuir…


Union Station…
Erigée devant nous…
Nous contemplons la cathédrale biaisée
A la gloire éternelle de la sainte Trinité :
Southern Pacific Railway.
Elle biffe d’une croix la perspective ivrogne,
Olvera Street…
Se gavant de faïences colorées.
Ce n’est pas une gare qui s’impose à la cité
Mais un décor Hollywoodien…
Dont nous sommes les figurants et les esclaves.
Hypnotisés… Attachés sur l’acier luisant de ses rails
De lumière brute.
Quel prodige eût-il pu nous délivrer ?
La grisaille polluée de la Plazza se dissipait…
Les fauteuils profonds de moleskine voraces
Avalaient leurs nababs du matin…
Terrassés par l’ennui, usés jusqu’à la corde…
Ils fondaient, immuables, sur le boulevard du temps
Par Nomade polygraphe - Publié dans : Sur la route... - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 17:09



Des mômes courent au bord de la rivière
Cavalant vers un lendemain où il n'existe pas d'alternatives
Des nuées orageuses s'accrochent à la colline
Une odeur de grillades dans une baraque au bord de l'autoroute


Salut à toi, pèlerin fourbu
Les touristes s'enflamment dans leurs périples programmés
Pas de répit, pas de rencontres, pas d'escales, les minutes sont comptées


Le chemin m'a parlé aujourd'hui
Mais qui écoute ces messages poussiéreux?
Je suis allongé là près du vieux qui chantonne
Retrouvant les visages de jadis


Il chante un air du temps d'avant la frénésie
L'aïeul jette des pierres en l'air et se lève
Sachant le lieu et le moment pour se mettre en route
Il n'y a pas de secret
Rien qu'un sac usé aux bretelles de cuir.


Posséder une idée pour continuer la route
Tu as les jambes raides et un ultime mégot
S'asseoir à une table de café braillard
Et boire de la bière fraîche et des mots


Le chemin m'a parlé aujourd'hui
Mais qui écoute ces messages poussiéreux?
Je suis allongé là près du feu qui crépite
Retrouvant les ombres de mes frères



Le gamin demande : Pa, que faut-il faire pour être heureux?
Où que tu ailles, tu emportes ton histoire, ce sont des fragrances de jeunesse
Ce sont les murs de la maison où tu vas vieillir, fils! N'oublie pas cela.

Je t'ai entendu, vieil homme, le chemin m'a parlé aujourd'hui.


Ma demeure est vaste, je n'en ai pas encore fait le tour
Pour une grillade ou un sourire
Je transmets des messages poussiéreux
Il n'y a pas de secret
Rien qu'un sac usé aux bretelles de cuir.


Des mômes courent au bord de la rivière
Cavalant vers un lendemain où il y a un peut-être...
Je suis allongé là près du vieux qui chantonne
Il chante un air du temps d'avant la frénésie

Il n'y a pas de secret
Rien qu'un sac usé aux bretelles de cuir.

(février 2009)
Par Nomade polygraphe - Publié dans : Sur la route... - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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