Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 12:05

 

  hercule

 

L’époque est au désenchantement… La contamination par excès de nouvelles plus désolantes les unes que les autres… Il est vrai que depuis belle lurette, les différents média nous prêtent les compétences et  l’apparence d’experts. Nous voici promus spécialistes en économie, doctes savants en tactique militaire et autres douces bagatelles. Nous avalons, bouche grande ouverte des tonnes d’informations contradictoires, incomplètes, erronées, un scoop chasse l’autre dans la minute. Et, il faut bien l’avouer, pour la majorité d’entre nous, nous n’entravons « que pouic » à ce galimatias indigeste. Sauf que…

                        Sauf que cette pratique quotidienne nous navre et nous constipe les neurones. Il est souvent de bon ton dans les salons où l’on s’écoute causer de qualifier l’imagination de perversité, voir de signe de dégénérescence… C’est fâcheux.

                        Certes je connais bon nombre de joyeux camarades évoluant dans la création imaginaire qui aimeraient voir leur fin de mois un peu plus rondelettes. L’économie relève du concret pour ces mangeurs et mangeuses de frites et ces buveurs et buveuses de bière, le prix du demi est un réel problème face à la chute de l’économie européenne, je peux vous l’assurer… Etre un artiste maudit, c’est joli dans les livres romantiques, mais ne pas pouvoir placer ces textes ou ces planches de BD, ça ne paye pas les fournitures (Jambons Beurre, Herbe à Nicot et petits noirs au zinc).

                        Ces quelques mots pour simplement dénoncer (une fois de plus, je sais… Je sais…) l’ostracisme des media face à la culture de l’imaginaire. Et oui, c’est vrai c’est populaire, c’est horrible ! L’atrocité de ces gens… De ces genres littéraires et graphiques qui osent donner du rêve aux petits et aux grands.

                        J’ai fait dernièrement une expérience banale mais intéressante, dans une grande (très grande) librairie je suis allé au rayon littérature française, Parisienne ! Devrais-je dire. Il n’y avait qu’un couple incertain et branché en extase devant la dernière excrétion d’un Charles Marc de Pont-Lévy à moins que ce soit d’un Jean Placid et Musso ou peut-être d’un Où est le bec ? Je ne sais plus et ça n’a pas d’importance d’ailleurs…

                        Au rayon BD attenant au rayon Polars et Science Fiction, je n’ai pu accéder, trop de lectrices et lecteurs (assez jeunes ! Chouette ! Tout n’est pas perdu) installé un peu partout, en partance pour de multiples voyages et surtout suprême hérésie en ces temps d’austérité : en train de se distraire ! Chercher l’erreur !

                        Bon, chers camarades de la culture populaire, je m’en vais de ce pas dans un petit bistrot, y boire une mousse à votre santé en espérant que longtemps encore vous vous amuserez en nous enchantant.   Amitiés !

                       

 Grammaire-de-l-imagination

«  En guise de traitement  de choc pour la constipation des  neurones je conseille la lecture de Grammaire De L'imagination Par Gianni Rodari en prises répétées excellent remède par les temps qui ne courent plus malheureusement… »

Par Nomade polygraphe - Publié dans : Des nouvelles... - Communauté : mémoire et écritures
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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 10:33

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La brocante aux chimères.

Étonnantes créatures : « Zoo zwart als en neckker… Aussi noir qu’un Neckker… »

 

            Il y a quelques années,  j’avais entrepris la rédaction  d’un feuilleton à épisodes :  « Le chant du Neckker ». Les saisons ont passé, le chant s’est tu  progressivement, devenant peu à peu murmure imperceptible, mais, avec les étonnantes créatures on ne peut jamais savoir ?

            Van Gennep dans son excellent ouvrage « Folklore de la Flandre et du Hainaut Français » note que pratiquement la totalité des êtres fabuleux qui fréquentent nos contrées appartient sous différentes appellations à l’imaginaire du monde. Ce sont les chalands de la très cosmopolite Brocante aux chimères où j’aime à me promener.

            Le Nekker ou Necker est un des  représentants des vieux esprits de l’eau qui hurlent dans la nuit pour terrifier les promeneurs crépusculaires, de très vieux démons qui surgissent entre les branches des arbres ou que l’on trouve confortablement installés sur les barrières des domaines.

            Ils sont d’origine germanique. Grimm les considérait  avant toute chose comme des esprits de l’eau tels les neptuni du Moyen Age.

            Daemon aquaticus… Singulier compagnon qui a laissé sa trace au détour des ruelles de cette Flandre où j’habite… Le Nekkerspoel à Malines en Belgique, la tour du Nekkerstore à Bergues, la rue du Nekker à Zegerscappel, etc…)

            Le Nekker que j’évoquais dans mon sombre récit sévissait à Bergues. Une ville bien différente de la cité riante du  bien trop  célèbre film que je n’évoquerai pas ici. Une Flandre plus digne de Hieronymus Bosch que de la vivante contrée à laquelle  je suis habitué, quoique…

            Dans son entreprise d’épouvante, notre vieux démon possède des alliés précieux…

            Dans la région du Mont Cassel les grands-mères pour calmer les morveux indomptables les menacent du Kludde !

180px-Kludde

 

 

            Kludde ! Émule de Protée ! Roi de la métamorphose, il peut être arbrisseau et grandir jusqu’à devenir gigantesque. Chien noir dans l’ombre disparaissant dans l’obscur des ruelles d’ici… Il devient alors oiseau fantastique et prend son envol en poussant son cri glacé dont son nom est tiré : Kludde… Kludde…

            Par ici vit cet étonnant bestiaire, vous êtes libre de ne pas y croire, mais il est bien dommage de ne pas souscrire à la saveur de l’effroi. Et… Si vous passez par nos cantons un soir d’hiver quand souffle le vent de novembre dans les branches des saules. Vous entendrez « den verlooren Jagher : le pas du Chasseur égaré… ». Il s’est mis en chemin… Et… Si vous apercevez deux petites flammes bleues dans les fourrés alors que retentit un hurlement terrible sur le canal, vous aurez beau fermer les paupières et vous bouchez les oreilles, vous avez un rendez-vous. Nekker et Kludde vous attendent…

 

Par Nomade polygraphe - Publié dans : Brocante aux chimères - Communauté : mémoire et écritures
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 11:01

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« Je m’interroge sur la situation d’impasse psychique que constitue l’impossibilité de démissionner d’un poste sous peine de perdre tous ses droits sociaux, son allocation chômage et, à terme, sa sécurité sociale. Et sur la même impossibilité de répondre aux humiliations, aux remarques, aux critiques sous peine de licenciement pour faute « 

(Marie Pezé - Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés » Pearson 2008)

 

« Je me suis lancé sur la route de la Soie comme on lance une bouteille à la mer. Pour exister. On me demandait ce que j’allais cherche si loin. Pouvais-je répondre « une raison de vivre ».

(Bernard Ollivier - Longue Marche III - Le vent des steppes - Phébus Libretto 2003)

 

            Deux traces sur la piste… Des empreintes qui semblent ne jamais se croiser et pourtant des itinéraires qui parlent de la même chose : l’homme et son besoin d’absolu.

            Je n’ai jamais rencontré Marie Pezé, j’aurai pu finalement… Comme tant d’autres, me retrouver dans la salle d’attente de la consultation « Souffrance et travail» ainsi que  bon nombre de mes contemporains.

            Jamais non plus je n’ai rencontré Bernard Ollivier physiquement, mais comme de multiples lecteurs, j’ai partagé avec ce marcheur qui se défend d’être écrivain, les 12 000 kilomètres de la route de la Soie. Et ces lectures m’ont sauvé, sans grandiloquence ni pathos, ces chroniques m’ont évité le pire, l’ultime fuite… La tentation de lâcher-prise définitif… Ce geste terrible qui devient si horriblement banal…

 L’être humain possède une qualité inestimable : sa faculté d’adaptation et son pouvoir d’assimiler des informations, informations dont il peut  faire des outils et des armes destinés à assurer sa survie. Ici, il n’est question que de survie et de rien d’autre…

            L’écriture est comparable à la marche. Il faut y mettre de l’humilité et de la patience. Écrire et marcher sont donc des actes de rébellion face à ce vingt et unième siècle halluciné et chaotique. La distance du regard sur la fébrilité contemporaine ouvre l’horizon, la pratique de la lenteur donne le temps de réfléchir. Distance, lenteur : deux disciplines  qui relèvent d’un certain humanisme. Manœuvres désespérées pour résister  dans une société de plus en plus cloisonnée, écartelée entre seniors superflus et jeunes « laissé-pour-compte ». Quelle belle façon de gouverner que celle qui consiste à faire s’affronter les générations et les individus pour mieux  tout contrôler par la peur …

            Donc haro sur le flâneur ! En ce siècle aliéné, personnage iconoclaste et anachronique, l’écrivain ou le marcheur ou, comble de la perversité, l’écrivain-marcheur est une insulte vivante à la face des technocrates décérébrés…

            Aller dans la marge, prendre les chemins de traverse, c’est comme l’écrit bien mieux que moi Bernard Ollivier « une raison de survivre». J’instaure donc le Ministère des Balivernes qui n’est pas un endroit chic et branché, juste un bivouac au milieu du désert… Parce que malgré les aléas du chemin, la route n’est pas encore finie…

 

« Du côté des salariés domine le « sauve-qui-peut» individuel. Face à la pression du travail, au management par objectif, à l’exigence du toujours plus, à la mise en place d’indicateurs de mesure individualisés de l’activité,  à l’individualisation des performances, les salariés ont le sentiment qu’ils ne peuvent imputer qu’à eux-mêmes les difficultés ressenties et vont jusqu’à intérioriser la crainte de ne pas être à la hauteur et/ou la culpabilité d’être moins performant que les autres. En outre, la fragilité objective du marché du travail renforce souvent la crainte de voir toute critique de système sanctionnée par une éviction externe (licenciement) ou interne 


(placardisation)".

 

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(Vincent de Gaulejac - la société malade de la gestion - Points 2009)

 

« Notre civilisation, contrairement à celles que j’ai parcourues durant ces quatre années marginalise les ‘vieux» qui sont sortis du système ‘productif’. Elle tient aussi à l’écart et parfois emprisonne quelques jeunes qui s’ébrouent pour exister eux aussi et enfreignent des règles que personne ne leur a jamais enseignées ni expliquées. Ils ont été si malmenés par les adultes ou la société qu’ils se sont attachés à leur rendre la monnaie de leur pièce. Il serait heureux que les uns et les autres, les vieux et les jeunes, se tendant la main pour sortir de leurs ghettos affirment ensemble leur droit à une place dans ce monde qui geint. »

(Bernard Ollivier - Longue Marche III - Le vent des steppes - Phébus Libretto)

 

 

 

Par Nomade polygraphe - Publié dans : Des gens... - Communauté : mémoire et écritures
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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 18:48

Copie de 20110817 16

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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 18:01

20110817 15

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