L’époque est au désenchantement… La contamination par excès de nouvelles plus désolantes les unes que les autres… Il est vrai que depuis belle lurette, les différents média nous prêtent les compétences et l’apparence d’experts. Nous voici promus spécialistes en économie, doctes savants en tactique militaire et autres douces bagatelles. Nous avalons, bouche grande ouverte des tonnes d’informations contradictoires, incomplètes, erronées, un scoop chasse l’autre dans la minute. Et, il faut bien l’avouer, pour la majorité d’entre nous, nous n’entravons « que pouic » à ce galimatias indigeste. Sauf que…
Sauf que cette pratique quotidienne nous navre et nous constipe les neurones. Il est souvent de bon ton dans les salons où l’on s’écoute causer de qualifier l’imagination de perversité, voir de signe de dégénérescence… C’est fâcheux.
Certes je connais bon nombre de joyeux camarades évoluant dans la création imaginaire qui aimeraient voir leur fin de mois un peu plus rondelettes. L’économie relève du concret pour ces mangeurs et mangeuses de frites et ces buveurs et buveuses de bière, le prix du demi est un réel problème face à la chute de l’économie européenne, je peux vous l’assurer… Etre un artiste maudit, c’est joli dans les livres romantiques, mais ne pas pouvoir placer ces textes ou ces planches de BD, ça ne paye pas les fournitures (Jambons Beurre, Herbe à Nicot et petits noirs au zinc).
Ces quelques mots pour simplement dénoncer (une fois de plus, je sais… Je sais…) l’ostracisme des media face à la culture de l’imaginaire. Et oui, c’est vrai c’est populaire, c’est horrible ! L’atrocité de ces gens… De ces genres littéraires et graphiques qui osent donner du rêve aux petits et aux grands.
J’ai fait dernièrement une expérience banale mais intéressante, dans une grande (très grande) librairie je suis allé au rayon littérature française, Parisienne ! Devrais-je dire. Il n’y avait qu’un couple incertain et branché en extase devant la dernière excrétion d’un Charles Marc de Pont-Lévy à moins que ce soit d’un Jean Placid et Musso ou peut-être d’un Où est le bec ? Je ne sais plus et ça n’a pas d’importance d’ailleurs…
Au rayon BD attenant au rayon Polars et Science Fiction, je n’ai pu accéder, trop de lectrices et lecteurs (assez jeunes ! Chouette ! Tout n’est pas perdu) installé un peu partout, en partance pour de multiples voyages et surtout suprême hérésie en ces temps d’austérité : en train de se distraire ! Chercher l’erreur !
Bon, chers camarades de la culture populaire, je m’en vais de ce pas dans un petit bistrot, y boire une mousse à votre santé en espérant que longtemps encore vous vous amuserez en nous enchantant. Amitiés !
« En guise de traitement de choc pour la constipation des neurones je conseille la lecture de Grammaire De L'imagination Par Gianni Rodari en prises répétées excellent remède par les temps qui ne courent plus malheureusement… »
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