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LES CARNETS CANAILLES.
Bonjour à toutes et tous,
Comme très souvent à cette période de l’année, j’ai décidé de me mettre en veille pendant 15 jours. Histoire de passer du temps avec ma famille. De toutes les valeurs humaines que je respecte, et j’en respecte assez quand même, c’est ma famille qui me construit et les dernières années m’ont permis de savoir qu’elle est un point d’attache considérable.
Je ne voulais pas terminer l’année sans vous saluer une dernière fois en 2009, car même si les contacts sont virtuels, derrière le clavier, il y a toujours un être humain avec ses joies et ses peines, ses peurs et ses espoirs. Internet abolit les distances mais peut parfois créer des liens d’amitié et de respect.
Je souhaite à tout le monde des fêtes paisibles et chaleureuses en famille ou avec des amis, et si la vie peut parfois vous isoler dans ces périodes qui paraissent alors difficiles, je voulais simplement vous déclarer que vous n’êtes pas seul ou abandonnée, quelque part, sur la planète quelques uns et quelques unes auront une pensée pour vous, et même si cette étincelle peut paraître dérisoire, je reste persuadé qu’elle doit rester dans un coin de votre tête. Vous avez des amis ou des amies qui vous comprennent et vous soutiennent, n’en doutez pas.
Très jeune, la pratique du rugby et de la boxe m’a donné la mesure de l’existence. Pratiques qui m’ont laissé le front un peu martelé (j’ai été forgé comme disait feu mon père, qu’il dorme paisiblement dans la paix des braves). Ce que je veux vous dire, c’est que la vie n’est autre que cela, un rectangle vert ou un ring, parfois nous tombons, nous mettons un genou en terre, et nous nous étalons… Mais nous trouvons la force de nous relever, l’existence est ainsi, tant que le coup de sifflet final n’a pas retenti, nous avançons. Et tant que nous n’avons pas été compté 10, nous nous relevons. Il n’y a pas d’autre choix. Si vous doutez, si vous avez peur, si vous vous sentez seul, relevez-vous, vous n’avez pas été compté 10, d’ailleurs, je ne suis même pas certain qu’ensuite la partie ne continue pas ? Pour cette période de jeu, je ne connais pas encore l’arbitre.
Je vous souhaite un très bon Noël et une bonne fin d’année 2009, je vous donne rendez-vous début janvier 2010, parce que la partie ou le combat continue, jusqu’au bout… Et rappelez-vous, vous n’êtes pas compté 10 !
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Place de la Liberté, une jeune femme marche et tombe. Sous ce toit de nuages aux reflets d’argent, sous ce poids de lianes déferlantes, sur cette patinoire inondée, dégoulinante. Elle se relève, reprend sa marche, titube un peu mais continue à avancer.
Place Victor Hugo. L’opéra. Un vieillard tend le bras, main ouverte, le cœur froid, assis contre la chaude machine à distribuer les billets. Nombreux sont ceux qui l’ignorent en baissant la tête, instinctivement sans doute, en passant près de lui, en frôlant sa gamelle vide. L’un d’eux pourtant s’arrête, lui sourit discrètement et se déleste de sa monnaie. La main se referme, le cœur bouillonnant.
Place Raimu, un enfant joue à la belote avec les deux statues. Avec elles, il rit. Il leur donne des caresses à n’en plus finir. Il adore leur tapoter le dos ou leur faire croire qu’il va leur prendre leur chapeau. Il aime embrasser leurs joues d’acier aux couleurs des marronniers d’automne. Cet enfant qui s’amuse est sourd-muet. Cet enfant est joyeux, le bonheur est dans ses yeux.
Places de Toulon et d’ailleurs, combien sont ces lieux où naviguent des radeaux qui avancent grâce à ce soleil qui émèche et étincelle les cœurs ? L’espoir se suffit de si peu, mais il permet de se surpasser, de vivre, tout simplement d’être humain.