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LES CARNETS CANAILLES.
Le plus déconcertant à contempler de la fenêtre du car était, sur le trottoir, les vieillards chargés d’épais sacs de cotonnade. Ces sacs détonnaient dans le soleil du matin. Lorsqu’on marchait au milieu de cette foule bigarrée, les couleurs palpitaient, quelques vieilles rengaines répandaient leur nostalgie sur les étals poussiéreux, d'autres, plus modernes, se dilataient en ce rythme frénétique que connurent les danseurs fébriles au temps révolu de la splendeur et des velours pourpres. En avril, dissimulé entre les barriques sur le pont du transbordeur, on pouvait espérer la fraîcheur de l’air en regardant sur le fouillis de la rive et dans les méandres de la mangrove, le mouvement reptilien des lianes pourrissantes.
Tout était différent aux confins des terres…
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