Un pied de chaque côté...

Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 18:48

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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 18:01

20110817 15

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Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 12:08

A Daniel...

Lire, écrire et partager

« La littérature, je l'ai, lentement, voulu montrer, c'est l'enfance enfin retrouvée. »
           Georges Bataille
« Le récit n'est plus l'écriture d'une aventure, mais l'aventure d'une écriture. »
           Jean Ricardou
« L'amitié n'exige rien  en échange, que de l'entretien. »
           Georges Brassens

        
         Fin août 2006, une tempête me tombe sur la tête... Du jour au lendemain me voilà exilé dans le cagibi des excommuniés de la croissance... Je vais avoir 47 ans... Sans raisons valables, enfin recevables humainement. Plus à la mode, plus dans le coup... la génération précédente constituée plus d’amis que de collègues a été expédiée dans les limbes de multiples plans sociaux aux avantages financiers mirobolants mais aux répercussions sociales exorbitantes. Les sociétés modernes convertissent les désirs d’accomplissements personnels en chèques de préretraite, euphémisme douteux pour le terme de licenciement.

Quelques confrères sont partis à 51 ans... Sans projets véritables, sans canevas de vie... Une catastrophe humaine... Alcoolisme, désœuvrement et une terrible sensation de vide. Félix Leclerc chantait il y a bien longtemps : “la meilleure façon de tuer un homme, c’est de le payer à ne rien faire” et rien n’est plus exact.
         Je pars au journal à pied, plus personne ni rien ne m’attend,  tout en longeant le canal. J’ai toujours aimé l’eau...
         Entracte...
         Alors que je pourrai mettre à profit le temps qui m’est imparti afin de céder à mon péché mignon : celui de noircir du papier - maintenant on encombre plutôt les écrans - Je suis désespérément sec... La nature humaine est contradictoire, vous n’avez envie de bâtir que lorsque vous êtes des plus surchargé.

Les jours, les semaines et les mois passent... Plus moyen d’écrire, heureusement il me reste ce goût de la lecture, cette infatigable soif de découvertes, mais la lecture est un acte isolé et le monde chaque jour devient de plus en plus impitoyable. Je parcours les nouvelles (c’est encore un peu mon travail) et je m’enlise comme des millions de mes contemporains dans une morosité entretenue, un dégoût de faire, une espèce d’anéantissement cathodique, je suis un cathodique pratiquant (merci Julos Beaucarne)

Je deviens ennuyeux et je ne me prive pas d’ennuyer. Mes proches ont du courage même si après coup, je me rends compte que la délectation morose est contagieuse, personne n’en parle, d’ailleurs plus personne ne parle. La mélancolie est une forme de cancer très soft, mais inexorablement, elle vous bouffe entièrement et votre entourage suit… Méfiez-vous des atrabilaires, ils ne sont que les prédateurs du bonheur...
         Second entracte...
         Mars 2010... Trois ans et demie... C’est long... C’est une léthargie sporadique. Avec des moments d’exaltation intense et des jours de profonde asthénie. Cet état d’esprit nécessite un entretien permanent mais vous ne vous en rendez même pas compte, c’est devenu votre image de marque. J’ai eu cinquante ans en novembre et je me suis isolé davantage pendant une semaine... C’était une erreur...

 Le monde autour de moi se donne des airs de fébrilité, l’agitation vaine rassure l’humanité occidentale. De loin en loin, j’ai des nouvelles sur la Toile, certains bossent beaucoup, d’autres et non des moindres, se battent contre le sort et la fatalité qui les clouent sur un lit d’hôpital pendant de longues semaines... je devrais avoir honte de « pleuroter » sur mes petits états d’âmes... J’ai honte.
         Mais tout au fond de moi, leurs souffrances et leur volonté provoquent en moi un éveil. Oh! Ce n’est pas une fulgurance, c’est plus profond, cela s’établit doucement, cela fait son chemin. Finalement, sans qu’ils le sachent réellement, cette opiniâtreté à se battre et à continuer d’écrire malgré les souffrances, la rééducation, les coups du sort, cette ténacité me pousse à me remettre en question. Ce n’est pas un quelconque mélo donné sur le câble un samedi après-midi, la vie n’est pas un sitcom, c’est bien plus simple que cela.
         Alors comme un athlète fauché en plein effort, je refais doucement mes gammes, l’écriture est une école d’humilité comme le rugby, la course de fond ou la rééducation. Alors qu’à l’autre bout de la France un homme se bat contre le sort et contre  lui-même pour garder l’autonomie tout en continuant à écrire et à partager, je me lève moi aussi, dans ma tête, je me remets au labeur, simplement. J’ai laissé tomber mon stylo dans la boue, je le reprends. Celui-là, là-bas, en bas, me montre le chemin, c’est un pisteur qui m’ouvre la voie...
         Je sais que tout cela est derrière moi, l’existence me réserve certainement d’autres défis et souvent vouloir survivre c’est tout simplement vivre.

L’écriture relève du compagnonnage. J’espère le plus sincèrement possible que l’homme que je viens d’évoquer se rebâtira et qu’il continuera de faire ce qu’il fait si bien : écrire et partager.

Sans s’en douter, il m’a appris une chose : échanger! Ne pas hésiter à se remettre en question.

Juin 2010, j’écris...

 

« Mon corps est un jardin, ma volonté est son jardinier. »

           William Shakespeare

 

Par Nomade polygraphe - Publié dans : Un pied de chaque côté... - Communauté : mémoire et écritures
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 19:37
 


 

Où il est dit que malgré leur plumage, les hommes ne sont pas des Phénix...

 

 

On retourne souvent vers ces racines. Nous sommes des Prométhées modernes, nous n'avons

pourtant droit qu'à un nombre limité de résurrections... C'est ce que vous apprend la cinquantaine. Le Phénix est éternel, il a le choix entre faire un nombre incalculable d'erreurs ou être un dieu omniscient et infiniment sage... Pas nous...

Mes racines chevauchent une frontière qui n'existe que sur le papier... Un pied en Belgique, un pied dans le Nord de la France, cette région qui se donne de faux airs d'Angleterre avec ses vieilles usines qui disparaissent et ses murs de briques... Cet endroit qui est bien plus subtil, plus ambigu que ne peut le laisser croire un succès de cinéma si attendrissant fut-il. Cet endroit, c'est chez moi, l'endroit où je suis né et certainement celui où je vais mourir. C'est pourquoi j'écris ces lignes qui ne sont ni histoire, ni chroniques, des lignes qui ne portent pas de nom, comme cette région qui n'est pas la Belgique, mais qui n'est déjà plus la France...

C'est une série de ballades impromptues que je vous propose, une ballade par le biais des rêveurs (ils sont innombrables, ici), des « écrivants ». Pour quelles raisons? Peut-être tout simplement vous montrer les nuances imperceptibles des ambiances et des sentiments de cette contrée où se côtoient le pire et le meilleur.

Pour les citoyens belges, la « Belgitude » n'existe pas, ce terme se révèle même péjoratif, paradoxalement, je suis plutôt d'accord avec eux. Mais, je n'ai pas ce scrupule en ce qui me concerne, ma qualité de frontalier, ma mère est née près de Gand et y a vécue toute sa petite enfance, m'autorise à parler de ma « Belgitude » à moi.

Un sentiment de compréhension et de communion pour un état d'esprit, une atmosphère indéfinissable, celle d'un pays que l'on dénigre souvent, mais qui intrigue toujours...

Bienvenue donc dans ma « Belgitude » personnelle... Certes, on pourrait croire qu'à l'instar des vrais apaches éprouvant du mépris pour les « sang-mêlé », les natifs de Namur ou de Coxyde ressentiront une sainte colère envers cette initiative. Ce serait mal connaître ces gens, souvent dépeints comme un peu « lourds » à travers les médias prodigues en clichés. Bien au contraire, les Belges ont très souvent la finesse de s'amuser de ces fadaises, ils s'en servent au contraire pour mieux surprendre le visiteur et souvent l'émerveiller.

Je n'aborderai pas le problème des communautés, car là n'est pas le propos. De plus, ma famille comporte à parts égales des Flamands et des Wallons, et je n'ai jamais entendu parler de vendettas particulières dans la saga de ma tribu. Donc «Flamons »  ou « «Wallands », moi ce qui m'intéresse ce sont les gens...

A l'heure où j'écris, le pâle soleil de novembre s'estompent déjà... Le ciel est doré... Comme une dernière politesse avant la nuit... Les briques sont roses ou plutôt carmin... Ce n'est pas Liverpool, ni Anvers, un mélange des deux peut-être? Qui mieux que Camille Lemonnier peut dépeindre la Flandre?

« Toutes les routes, en Flandres, mènent à des beffrois, à des églises, à des hôtels de ville, à des tombeaux ; elles longent d'actives rivières, des canaux dormants, des campagnes où lèvent le chanvre, le colza, le froment et le lin comme le symbole des races ; et elles vont à la mer. Tous les chemins en Wallonie, conduisent à la bure, à la carrière, à la fabrique et au laminoir ; des bois, des roches, des champs noirs les bordent : et ils se perdent au coeur profond de la terre »La Vie Belge – 1888)

Même si le pays est moderne, la toile de fond est immuable, rien n'a véritablement changé. De la fenêtre de ma chambre lorsque j'étais petit, c'était ce même paysage que je contemplais, cristallisation de ces minuscules tranches de vie...

« Enfants, nous dessinions dans la buée des vitres :

notre doigt les ouvrait ainsi.

Les traversait peut-être comme seul un chat

peut encore s'y obstiner. » Francoise Delcarte – Levée d'un corps d'oubli sur un corps

de mémoire.

Voilà, le décor est planté, j'y reviendrai, souvent... Encore un bon moment...

Rappelez-vous, j'ai mangé mon crédit... Il me faut utiliser le temps qui m'est imparti au mieux, alors, je flâne, c'est ce que je sais faire de mieux, il paraît...

La prochaine fois, je vous parlerai de l'eau, si présente ici, la mer et les cours d'eau, lorsque tout se confond et s'exalte en lumière...

 

 

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