Des gens...

Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 17:27

 Collectif Poético Urbain

Les Saprophytes aiment la spontanéité, l'humour comme force critique, les rencontres fortuites ou provoquées, les surprises, les animaux petits ou gros, les détournements, les pirateries, les zones autonomes temporaires (TAZ), les usages multipliés sur un même lieu, le recyclage, les chariots de supermarché, les clowns rebelles, les couleurs de la ville, la carbonade flamande et la bière belge, les mauvaises herbes, les repas de quartier, l'éphémère, la bicyclette, la diversité, les champignons, mettre la main à la pâte, ...

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Par Nomade polygraphe et compulsif... - Publié dans : Des gens...
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 11:59

 

 

  59f5cbdff2eba93183cf0150fbe6c1ca 7 h 15… Café, confiture et en fond sonore le ronronnement inepte d’une station périphérique. Les bonimenteurs hertziens disposent de peu de mots dans l’usage d’une dialectique accablante : une centaine peut-être, avec parmi les plus connus : crise (le plus côté sur l’échelle du suicide), récession n’est pas mal non plus, marasme, troubles et inquiétudes, j’en passe et des plus mornes.

   Alors, pourquoi écouter ? Par paresse, par habitude ? Peut-être tout simplement par masochisme doucereux. Il paraît que la crise, pardon la Crise avec une majuscule fait vendre… Mais quelle Crise ? Il n’existe pas une crise mais des centaines, des milliers, l’existence est une succession de crises et d’accalmies, c’est ce qui la rend intéressante justement.

    Dans mon immense naïveté, (ne vous cassez pas, je ne prends pas cette caractéristique pour une tare, je trouve plutôt que c’est devenu l’expression d’une bonne santé mentale), je suis toujours étonné du contraste entre la réalité, notre véritable existence et le décor que l’on nous conte (bien mal) et  que l’on nous montre (affligeant). Je suis bien obligé d’écrire que l’économie, le mondialisme, les enjeux du pouvoir, les exploits amoureux des sportifs et des élus indiffèrent la majorité d’entre nous. Au mieux ces funestes informations nous minent, nous détraquent le ciboulot, à force de regarder la poussière et les accrocs des rideaux du théâtre, nous oublions de regarder la pièce, pire, nous ne voulons même plus monter sur scène pour y jouer notre partition.

    En instaurant le principe de précaution partout et pour absolument tout, la société occidentale s’est installée dans un dogmatisme lénifiant. Toutes les générations font du surplace… Les vieux (ah oui ! c’est vrai on doit dire les aînés ! j’avais oublié le politiquement correct) surveillent leurs taux de cholestérol et vont fumer dans les toilettes au bureau (ça donne un vrai coup de jeune faut dire !), les trentenaires angoissent à mort pour plaire à leur boss (qui n’en a rien à fiche !) et rêvent de lui ressembler (en s’endettant pour le dernier modèle de la Maudy A6 ou la Percedes Classe Con !), nos gamins font Bac plus douze pour essayer de décrocher un CDD de 3 jours dans un Discount Alimentaire… Et oui, vivre est un risque et d’ailleurs on finit toujours par en mourir, alors ? Marrez-vous un bon coup et vivez que diable !

    Bon !  7 h  30, je coupe cette satanée radio. Je vais me faire des œufs au plat avec plein de beurre et de sel, et après 3 cafés, j’irai au bureau en me baladant tout en fumant ma pipe.

Bonne journée.

Par Nomade polygraphe - Publié dans : Des gens... - Communauté : mémoire et écritures
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 11:01

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« Je m’interroge sur la situation d’impasse psychique que constitue l’impossibilité de démissionner d’un poste sous peine de perdre tous ses droits sociaux, son allocation chômage et, à terme, sa sécurité sociale. Et sur la même impossibilité de répondre aux humiliations, aux remarques, aux critiques sous peine de licenciement pour faute « 

(Marie Pezé - Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés » Pearson 2008)

 

« Je me suis lancé sur la route de la Soie comme on lance une bouteille à la mer. Pour exister. On me demandait ce que j’allais cherche si loin. Pouvais-je répondre « une raison de vivre ».

(Bernard Ollivier - Longue Marche III - Le vent des steppes - Phébus Libretto 2003)

 

            Deux traces sur la piste… Des empreintes qui semblent ne jamais se croiser et pourtant des itinéraires qui parlent de la même chose : l’homme et son besoin d’absolu.

            Je n’ai jamais rencontré Marie Pezé, j’aurai pu finalement… Comme tant d’autres, me retrouver dans la salle d’attente de la consultation « Souffrance et travail» ainsi que  bon nombre de mes contemporains.

            Jamais non plus je n’ai rencontré Bernard Ollivier physiquement, mais comme de multiples lecteurs, j’ai partagé avec ce marcheur qui se défend d’être écrivain, les 12 000 kilomètres de la route de la Soie. Et ces lectures m’ont sauvé, sans grandiloquence ni pathos, ces chroniques m’ont évité le pire, l’ultime fuite… La tentation de lâcher-prise définitif… Ce geste terrible qui devient si horriblement banal…

 L’être humain possède une qualité inestimable : sa faculté d’adaptation et son pouvoir d’assimiler des informations, informations dont il peut  faire des outils et des armes destinés à assurer sa survie. Ici, il n’est question que de survie et de rien d’autre…

            L’écriture est comparable à la marche. Il faut y mettre de l’humilité et de la patience. Écrire et marcher sont donc des actes de rébellion face à ce vingt et unième siècle halluciné et chaotique. La distance du regard sur la fébrilité contemporaine ouvre l’horizon, la pratique de la lenteur donne le temps de réfléchir. Distance, lenteur : deux disciplines  qui relèvent d’un certain humanisme. Manœuvres désespérées pour résister  dans une société de plus en plus cloisonnée, écartelée entre seniors superflus et jeunes « laissé-pour-compte ». Quelle belle façon de gouverner que celle qui consiste à faire s’affronter les générations et les individus pour mieux  tout contrôler par la peur …

            Donc haro sur le flâneur ! En ce siècle aliéné, personnage iconoclaste et anachronique, l’écrivain ou le marcheur ou, comble de la perversité, l’écrivain-marcheur est une insulte vivante à la face des technocrates décérébrés…

            Aller dans la marge, prendre les chemins de traverse, c’est comme l’écrit bien mieux que moi Bernard Ollivier « une raison de survivre». J’instaure donc le Ministère des Balivernes qui n’est pas un endroit chic et branché, juste un bivouac au milieu du désert… Parce que malgré les aléas du chemin, la route n’est pas encore finie…

 

« Du côté des salariés domine le « sauve-qui-peut» individuel. Face à la pression du travail, au management par objectif, à l’exigence du toujours plus, à la mise en place d’indicateurs de mesure individualisés de l’activité,  à l’individualisation des performances, les salariés ont le sentiment qu’ils ne peuvent imputer qu’à eux-mêmes les difficultés ressenties et vont jusqu’à intérioriser la crainte de ne pas être à la hauteur et/ou la culpabilité d’être moins performant que les autres. En outre, la fragilité objective du marché du travail renforce souvent la crainte de voir toute critique de système sanctionnée par une éviction externe (licenciement) ou interne 


(placardisation)".

 

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(Vincent de Gaulejac - la société malade de la gestion - Points 2009)

 

« Notre civilisation, contrairement à celles que j’ai parcourues durant ces quatre années marginalise les ‘vieux» qui sont sortis du système ‘productif’. Elle tient aussi à l’écart et parfois emprisonne quelques jeunes qui s’ébrouent pour exister eux aussi et enfreignent des règles que personne ne leur a jamais enseignées ni expliquées. Ils ont été si malmenés par les adultes ou la société qu’ils se sont attachés à leur rendre la monnaie de leur pièce. Il serait heureux que les uns et les autres, les vieux et les jeunes, se tendant la main pour sortir de leurs ghettos affirment ensemble leur droit à une place dans ce monde qui geint. »

(Bernard Ollivier - Longue Marche III - Le vent des steppes - Phébus Libretto)

 

 

 

Par Nomade polygraphe - Publié dans : Des gens... - Communauté : mémoire et écritures
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Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 14:20

 

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L'hiver est là... Dans les esprits aussi, malheureusement... Casse-cou de pratiquer l’utopie à plus de cinquante ans, c’est presque grotesque... La vie du moment ressemble à une sortie en apnée, on touche le fond,  on remonte… On coule à nouveau… Revoilà déjà la surface...  Je commence un peu à fatiguer, l'âge sans doute? Je commence à ME fatiguer et également, à faire tartir les autres, enfin, je crois... Pourtant, malgré la brume, je perçois un îlot, une faible lueur vacillante qui tremblote à l'horizon, pas encore la bonace mais quelque chose qui lui ressemble.
               Il est temps pour moi de poser mes valises, elles sont de toutes façons  pleines de pierres lourdes, de choses inutiles, de choses cassées : des regrets, des actes manqués... Comme tout le monde, enfin, je présume ? Tant d'énergies gaspillées en colères stériles… Paradoxalement, cette idée possède le don de me foutre en rogne une fois encore ... Décidément c’est indécrottable.  Pourtant, je sens qu'il me faut passer à autre chose, l'indignation gratuite panachée  d’une immobilité réprobatrice, voici l’une des plaies contemporaines.
               A vouloir trop bien faire, j’ai trucidé le petit môme qui était en moi, enfin, sérieusement amoché... L'auberge de l'amiral Benbow est fermée et Jim Hawkins prend le métro... Long John Silver se cherche des amis sur Face book en attendant la retraite.... L'île au Trésor s’est paumée dans les vapeurs du quotidien... Pourquoi? Par paresse, Pour trop de complaisance envers d’insipides impostures... Les gentils se font manger par les anthropophages du "tous les jours", surtout quand les gentils sont indolents... Dans la glace, le matin, j'ai recherché mon reflet disparu comme Peter Pan a perdu son ombre. Seulement, à la différence de Peter, lorsque Wendy veut recoudre mon ombre, je me carapate... Finalement, la plus belle prison qui puisse exister, c'est celle que l'on se bâtit soi-même...
           Heureusement, ou malheureusement, je ne saurai jamais? Me reste l'écriture, l'alignement des signes qui jalonnent mon existence... Mais je dois prendre garde, à trop marcher dans la marge, je finirai par me casser définitivement la gueule entre les interlignes.
           Le pire dans l'histoire, c'est que le fait banal de se plaindre me parait des plus indécent, elle est commode finalement la place de victime, elle rassure, elle dédouane le vieil adolescent bien au chaud dans son quotidien. Mieux vaut refaire le monde sur le papier qu'en prenant des risques, pas vrai? C'est un vieux fond qui reste de mes jeunes années de révolte. C'est tellement plus facile d'être sur le banc de touche à critiquer ceux qui s'efforcent de jouer... L'aigreur des cinquantenaires, c'est pire que la mort prématurée. C'est une agonie qui peut prendre des décennies...
           Alors, il faut trancher... S'évader des lieux communs, travailler chaque jour à s'assumer tel que l'on est. Les écrivassiers  maudits finalement sont des types emmerdants. C'est toujours l'éternelle histoire du verre à moitié plein ou du verre à moitié vide, mais si tu regardes le verre sans y toucher, tu ne sauras jamais : grand cru ou arsenic? Mieux vaut savoir, sinon tu te contentes de piquette et tu as des aigreurs d'estomac pour l'éternité...
           Il y a des gens tièdes, et ils sont très heureux ainsi, pourquoi pas? Il n' y a pas de recettes miracles pour le bonheur. Et puis, il y a les "Islandais", terre de feu et terre de glace, volcans et glaciers... Je suis un "Islandais" qui s'est efforcé à la tiédeur depuis des années… Pour peu de choses, par négligence ou par crédulité, certainement. Je ne fais le procès de personne dans ce constat, c'est un constat personnel et je plaide coupable. Le plus navrant est de constater que mon entourage, enfin ce qu'il en reste... N'est pas des plus heureux de me voir ainsi... Par commodité ou par un curieux et anachronique sens de l'honneur, j'ai fait le vide autour de moi, enfin lorsque je dis sens de l'honneur, c'est certainement une litote de plus pour qualifier ce que l'on peut appeler une certaine forme de pétoche. Le comble de l'orgueil, c'est certainement de vouloir jouer délibérément les modestes. Voyez comme je suis affligé. Regardez comme je suis amer de m'être immolé sur l’autel poussiéreux du  nivelage quotidien... Les Saints devaient être de sacrés égocentriques! Enfin, Saint n'est pas un qualificatif adéquat en ce qui me concerne.
           Les autres... Ils me font peur finalement... Toujours ce souci d'être évalué, mal jugé ou ignoré peut-être? Mais aller vers les autres, n'est-ce pas prendre un risque ou aller vers une découverte qui peut-être parfois intéressante? La solitude n'est acceptable que lorsqu'elle est librement consentie et pour un temps déterminé. La relation à l'autre doit se cultiver mais c'est certainement la chose la plus difficile à faire dans notre société.
           Alors ma foi. va pour  l'Islandais, avec la glace et le feu, des doutes et des certitudes, des moments d’accords magistraux librement assumés, des tiédeurs soporifiques, des gelées qui  nous laissent presque agonisant, ce que certains nomment tout simplement la vie.

Salut les gens !

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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 11:11

boxe-office-noel2 Bonjour à toutes et tous,

 

Comme très souvent à cette période de l’année, j’ai décidé de me mettre en veille pendant 15 jours. Histoire de passer du temps avec ma famille. De toutes les valeurs humaines que je respecte, et j’en respecte assez quand même, c’est ma famille qui me construit et les dernières années m’ont permis de savoir qu’elle est un point d’attache considérable.

Je ne voulais pas terminer l’année sans vous saluer une dernière fois en 2009, car même si les contacts sont virtuels, derrière le clavier, il y a toujours un être humain avec ses joies et ses peines, ses peurs et ses espoirs. Internet abolit les distances mais peut parfois créer des liens d’amitié et de respect.

Je souhaite à tout le monde des fêtes paisibles et chaleureuses en famille ou avec des amis, et si la vie peut parfois vous isoler dans ces périodes qui paraissent alors difficiles, je voulais simplement vous déclarer que vous n’êtes pas seul ou abandonnée, quelque part, sur la planète quelques uns et quelques unes auront une pensée pour vous, et même si cette étincelle peut paraître dérisoire, je reste persuadé qu’elle doit rester dans un coin de votre tête. Vous avez des amis ou des amies qui vous comprennent et vous soutiennent, n’en doutez pas.

Très jeune, la pratique du rugby et de la boxe m’a donné la mesure de l’existence. Pratiques qui m’ont laissé le front un peu martelé (j’ai été forgé comme disait feu mon père, qu’il dorme paisiblement dans la paix des braves). Ce que je veux vous dire, c’est que la vie n’est autre que cela, un rectangle vert ou un ring, parfois nous tombons, nous mettons un genou en terre, et nous nous étalons… Mais nous trouvons la force de nous relever, l’existence est ainsi, tant que le coup de sifflet final n’a pas retenti, nous avançons. Et tant que nous n’avons pas été compté 10, nous nous relevons. Il n’y a  pas d’autre choix. Si vous doutez, si vous avez peur, si vous vous sentez seul, relevez-vous, vous n’avez pas été compté 10, d’ailleurs, je ne suis même pas certain qu’ensuite la partie ne continue pas ? Pour cette période de jeu, je ne connais pas encore l’arbitre.

Je vous souhaite un très bon Noël et une bonne fin d’année 2009, je vous donne rendez-vous début janvier 2010, parce que la partie ou le combat continue, jusqu’au bout… Et rappelez-vous, vous n’êtes pas compté 10 !

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